Les essayages improbables
En cabine, je suis un peu styliste, un peu psy, beaucoup confidente.
Il y a des essayages qui ressemblent à des scènes de théâtre.
Je me souviens d’une cliente entrée un jour en disant très sérieusement :
— « Je veux un maillot qui ne montre pas que j’aime le fromage. »
Une autre qui chuchotait comme si le soutien-gorge pouvait l’entendre :
— « Celui-là, il est beau… mais il a l’air susceptible. »
En cabine, les femmes se racontent souvent sans s’en rendre compte.
On commence par parler d’une taille, et on finit par parler d’un divorce, d’une ménopause, d’un premier rendez-vous, ou de vacances entre copines prévues depuis trop longtemps.
Moi, je fais semblant de parler bretelles et bonnets,
mais je distribue surtout un peu de courage.
Je me souviens aussi d’une maman venue avec sa fille de 16 ans :
l’une rougissait, l’autre riait,
et moi au milieu, à essayer de traduire ce moment un peu particulier où l’on apprend à habiter un corps qui change.
Les essayages improbables, ce ne sont jamais les vêtements.
Ce sont les émotions qui débordent :
un fou rire coincé dans une armature,
une larme essuyée derrière un rideau,
un « je ne me trouve pas si mal finalement ».
Alors oui, je vends de la lingerie.
Mais surtout, j’écoute des vies en petite tenue.
Votre silhouette, notre signature !
Passez la porte de la boutique "Des habits et moi, à Granville.